La « Tuilerie-briqueterie de Saint Ilan » fut construite en 1864. L'emplacement en bordure de Baie de Saint-Brieuc était idéal car on y prélevait l'argile et la marne utilisées pour réaliser la pâte céramique.
La qualité des matières premières, associée au processus de fabrication et de cuisson, ont contribué à la renommée de la Briqueterie dans toute la Bretagne et jusqu'à Paris. Au plus fort de l'activité, l'usine employait une centaine d'ouvriers : hommes, femmes et enfants embauchés dès l'âge de 13 ans.
La singularité de cette usine est d'avoir utilisé un four pionnier de l'ère industrielle : le four Hoffmann. Le fonctionnement ingénieux et complexe consistait à déplacer progressivement le feu, le long des produits à cuire, en introduisant le charbon par les "trous de chauffe". Cette technique a révolutionné les modes de cuisson dans toute l'Europe pendant plus d'un siècle. Elle avait pour avantage de cuire rapidement de grandes quantités de produits (15 000 briques/jour) et de consommer deux à trois fois moins d'énergie que les fours traditionnels.
En 1947, l'usine ferma ses portes à cause, notamment de la difficulté d'approvisionnement en matières premières et du mauvais état des fours.
L’auvent
L'usine produisait des briques creuses et pleines, des tuiles, des tuyaux de canalisation, terres cuites de décoration, du carrelage, des épis de faîtage, des conduits de cheminées…
La galerie du four

Une des deux galeries du four Hoffmann (30 m de longueur), visible au musée. En 2000, il ne restait en France que 6 ou 7 fours de ce type en activité, essentiellement dans le nord de la France.
Le dessus du four
Le "chauffeur", responsable de la cuisson, faisait avancer le feu à la vitesse de 5 m par 24h, et ce 24h/24. Il contrôlait également la cuisson "à l'œil", en surveillant la couleur des produits qu'il apercevait par les "trous de chauffe".